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Djouman
Innover pour le développement durable en Afrique
L’Afrique face aux déchets électroniques le 11/02/16

Après avoir abordé la question des déchets et du recyclage en Afrique dans un précédent article, attardons-nous sur la place des déchets électroniques en particulier, dits aussi D3E en français pour déchets d’équipements électriques et électroniques (ou DEEE), ou E-waste en anglais. L’un des pays qui a le plus avancé sur la gestion de ces déchets particuliers est le Ghana.

 

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Tablettes, écrans plats, smartphones, les objets high-tech forment des équipements de plus en plus rapidement obsolètes, et donc jetés voire gaspillés. Nombre de rebuts électroniques atterrissent depuis une décennie dans des décharges à ciel ouvert dans les pays les plus pauvres de la planète, notamment en Afrique. Selon une étude commandée par l’ONU en 2013, les déchets électroniques mondiaux vont augmenter d’un tiers entre 2013 et 2017, dépassant les 60 millions de tonnes de détritus par an.

L’un des pays les plus touchés du continent en matière d’arrivées d’équipements électriques et informatiques d’occasion, le Ghana, s’est vite retrouvé à crouler sous les déchets plastiques et informatiques. A partir de la fin des années 1990, le pays a reçu de plus en plus de déchets électroniques européens sur son territoire, exportés pour ne pas être jetés en Europe ou au Etats-Unis.

Souvent ces ordinateurs et produits électroniques sont même exportés au Ghana sous forme de dons humanitaires, ou d’équipements de seconde main peu cher, devenant de véritables cadeaux empoisonnés. Le marché d’Agbogbloshie, dans la banlieue d’Accra, est devenu l’emblème de cette catastrophe, filmé de nombreuses fois pour ses montagnes de déchets à perte de vue et ses fumées âcres dues aux produits qui y sont brûlés, souvent par des enfants, pour en extraire le cuivre avant abandon.

De plus, depuis la fin des années 2000, la consommation intérieure de produits électroniques en Afrique a tellement augmenté que la majorité des déchets d’équipements électriques et électroniques neufs ou d’occasion sont désormais produits sur le continent, selon l’étude « DEEE ? Où en sommes-nous en Afrique ? » du PNUE (le Programme des Nations Unies pour l’Environnement), jusqu’à 85% dans certains pays d’Afrique de l’ouest.

Pour remédier à cette inflation de déchets extrêmement difficiles à recycler ou traiter, plusieurs pays ont commencé à se mobiliser, notamment depuis le début des années 2010. Un forum panafricain a été organisé sur le sujet en 2012. Le Ghana a désormais mis en place l’interdiction complète des réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs de seconde main, après cinq années de batailles juridiques. De son côté, le Nigeria a commencé à obliger les importateurs de biens électroniques à s’enregistrer, pour rendre possible le suivi des produits.  Pour sa part, la Côté d’Ivoire a lancé en Octobre 2015 une campagne d’élimination et de recyclage des déchets électriques et électroniques. L’objectif étant de collecter et valoriser 40 tonnes de déchets en quatre mois.
Le recyclage de certains des composants présents dans ces produits électroniques pourrait aussi devenir lucratif car ces équipements électriques et électroniques renferment des matières de valeur, dont l’indium et le palladium, et des métaux précieux, dont l’or, le cuivre et l’argent, qui peuvent être récupérés, recyclés et réutilisés. On estime que les DEEE produits rien que pour l’année 2014 contiendraient l’équivalent de 48 milliards d’euros en plastique et autres matériaux valorisables, dont 300 tonnes d’or…

L’ONU préconise de son côté la création de structures étatiques de recyclage et le renforcement des législations sur les contraintes liées aux exportations des DEEE. Une convention a été signée à Bamako en 2013, un premier pas.  Avec une conjonction d’efforts publics et privés, le développement du secteur du recyclage pourrait permettre à la fois la création d’emplois et de meilleures législations sur la protection de l’environnement selon le PNUE.

 

Pour en savoir plus sur la situation à Accra:
Sur Al Jazeera, e-waste republic

 

Photo credit: takomabibelot via VisualHunt.com / CC BY

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3 commentaires :

  1. MTN Cameroon, quelle RSE? | Leapfrog a écrit the 11/06/2016 at 21:53 :

    […] Le recyclage et la gestion des déchets électroniques (portables, tablettes…)  dont des composantes mal recyclées polluent les sols, les cours d’eau et son un danger pour les recycleurs (beaucoup dans l’informel) […]

  2. Siham Hayane a écrit the 08/11/2016 at 17:18 :

    Well, you’re welcome!

  3. […] déchets s’accumulent, notamment les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), et entraînent de graves pollutions dans les pays d’Afrique. Et pour cause, certains […]

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