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Djouman
Innover pour le développement durable en Afrique
Sacs plastiques : symbole de l’économie circulaire en Afrique ? le 07/07/16

L’upcycling est un concept ou plutôt un processus qui consiste à convertir n’importe quel déchet ou matériau en objet de valeur. Le phénomène tend à prendre de l’ampleur, notamment en Afrique où certaines PME intègre déjà le concept d’économie circulaire dans leur mode de production, en transformant les sacs plastiques. Focus sur quelques unes d’entre elles.

La prolifération de sacs plastiques dans les rues des villes africaines est devenue insupportable. Mais désormais certains pays se mobilisent pour enrayer ce qui est devenu un véritable fléau. Sensibles aux questions environnementales, ils ont compris que la gestion des sacs plastiques est un enjeu majeur pour l’écologie. Mais aussi en terme d’économie.

Au Ghana par exemple, ces sachets ont souvent été utilisés pour transporter une petite quantité d’eau ou pour la boire seulement. Peu chers, ils étaient alors jetés après utilisation. L’initiative d’un artiste ghanéen Tei Huagie qui travaillait à partir de déchets, encourage un architecte et entrepreneur anglais à reprendre l’idée.

En 2007, Stuart Gold décide alors de débarrasser la ville de tous ces sacs. A partir de ces déchets, il fait alors fabriquer des sacs à main, des portes monnaies, des imperméables et autres accessoires de mode. C’est ainsi que nait l’ONG Trashy Bags.

« Trashy Bags » au Ghana

Pour augmenter son efficacité, l’organisation exhorte aussi les citoyens à rapporter les sacs moyennant 2 £ les 1 000 sachets. Lavés, séchés puis découpés par une soixantaine de tailleurs, ces sacs prennent une nouvelle forme et entament une nouvelle vie. Constituée de 60 personnes, Trashy Bags distribuent ses produits au Japon, Allemagne et Danemark.

Autre pays, autre projet… A Bobo-Dioulasso – deuxième ville du Burkina Faso – Haoua Ilboudo était excédée de voir mourir les animaux. Ils ingéraient les sacs plastiques noirs jetés négligemment dans la nature. Et ce phénomène était la cause de près d’un tiers des décès chez les animaux au Burkina, selon le ministère des Ressources Animales du pays.

Elle décide d’agir avec l’aide du GAFREH (Groupe d’action des femmes pour la relance économique du Houet), une association qui a pour but d’aider les femmes à s’auto-gérer et à devenir actrices de leur vie. Haoua Ilboudo débute alors avec 4 femmes et lance la fabrication d’objets à partir de ces sacs : tissus, sacs à dos, pochettes pour tablettes et ordinateurs, colliers ou porte-clés. Ces objets sont ensuite revendus dans des petites boutiques appartenant à l’association à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou.

Les touristes sont les principaux clients avec les Burkinabè aisés. En effet, comptez environ 7 500 francs CFA (environ 10 euros) pour un sac traditionnel, ce qui peut paraître élevé. Mais son prix se justifie : ce sont des produits issus de l’économie circulaire donc durable et écologique.

Une édition limitée de sacs chez YSL

D’ailleurs plusieurs revendeurs européens sont des clients réguliers et passent commande via la boutique en ligne. Même Yves Saint Laurent a lancé une collection de sacs à mains créés à partir du tissu recyclé de l’association.  En effet, en 2011 la maison Haute Couture s’associe aux femmes du GAFREH et lance en édition limitée le sac « Muse Two Artisanal » en matière recyclée.

Accompagné aujourd’hui, d’une centaine de femmes, le projet regroupe des Burkinabè âgées de 16 à environ 70 ans. Elles interviennent principalement dans le processus de recyclage. D’autres initiatives similaires sont à recenser car l’upcycling fait des émules. Et pas seulement dans les sacs plastiques !

Mahatsara par exemple est une marque alliant éthique, commerce équitable et savoir-faire africain. Avec du plastique recyclé, ils fabriquent des lustres, à partir de papier mâché des photophores. Mais à partir de fils de téléphone, ils créent des corbeilles tissées ou des bijoux. Ils transforment aussi la laine feutrée en poufs. La déclinaison n’est pas infinie mais presque…

Ces différents projets tant par les lieux que par les techniques utilisées ont en commun l’envie indéniable de créer à partir de déchets, tout en préservant l’environnement. Et c’est l’idée fondatrice de l’upcycling.

 

Pour aller plus loin :

À voir un reportage de Secteur 42 Ouagadougou : une entreprise Burkinabè de recyclage.

Eco-co : from plastic waste to construction material

Crédits photos : Trashy Bags.

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